Le sexagénaire est poursuivi pour proxénétisme aggravé et viols. Selon l’acte d’accusation, il aurait, pendant plusieurs années, tiré profit de son épouse en la contraignant à se livrer à des actes sexuels, tant physiques qu’en ligne. Arrêté en octobre après avoir été dénoncé par sa femme, il est depuis placé en détention provisoire. Les faits, qui se seraient déroulés entre août 2022 et octobre 2025, ont provoqué une forte émotion en Suède. Certains observateurs ont établi un parallèle avec l’affaire française dite Gisèle Pelicot, dans laquelle un homme avait été condamné pour avoir livré son épouse à des violences sexuelles.
Un système organisé
Les enquêteurs décrivent un mode d’opération organisé. le suspect aurait créé des annonces sur internet, organisé les rendez-vous avec des clients et supervisé les échanges. Il aurait également poussé son épouse à réaliser des vidéos à caractère sexuel pour attirer davantage de clients. Le parquet évoque une « exploitation impitoyable » d’une femme décrite comme vulnérable.
L’homme est poursuivi pour huit viols ainsi que pour quatre tentatives de viol et quatre agressions sexuelles. Selon la procureure Ida Annerstedt, la victime avait accepté « dans une certaine mesure » de se prostituer, mais avait fixé des limites. Les faits de viol sont retenus lorsque ces limites n’auraient pas été respectées.
Au total, environ 120 hommes sont soupçonnés d’avoir acheté des services sexuels. Parmi eux, 26 ont été inculpés, selon les médias suédois. Le procès qui s’ouvre devant le tribunal de district d’Angermanland ne concerne toutefois, à ce stade, que le mari. L’accusé nie les faits. Son avocate affirme qu’il reconnaît une implication limitée dans le mode opératoire, notamment pour des aspects techniques et administratifs, mais conteste toute contrainte, violence ou facilitation de la prostitution.
