Deux frères placés en détention provisoire après l’abattage de l’arbre en mémoire d’Ilan Halimi

Des jumeaux de 19 ans sont accusés d’avoir scié l’olivier commémoratif d’Épinay-sur-Seine. Ils seront jugés le 22 octobre pour destruction de bien aggravée et atteinte à la mémoire des morts à caractère antisémite.

© Préfecture / Services de l’État en Seine-Saint-Denis. DR

Deux jeunes hommes, frères jumeaux âgés de 19 ans, ont été placés en détention provisoire après avoir été présentés devant le tribunal correctionnel de Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Dans la nuit du 13 au 14 août à Épinay-sur-Seine, ils auraient abattu un arbre planté en hommage à Ilan Halimi. L’affaire, renvoyée au 22 octobre, sera examinée en comparution immédiate. Le parquet a précisé qu’ils devront répondre de destruction de bien aggravée ainsi que de violation de monument dédié à la mémoire des morts commise en raison de l’origine ou de la religion.

Une mémoire encore vive

Ilan Halimi, jeune homme juif de 23 ans, avait été enlevé puis torturé en janvier 2006 par le groupe criminel surnommé le « gang des barbares », dirigé par Youssouf Fofana. Découvert agonisant à Sainte-Geneviève-des-Bois, il était décédé peu après, son meurtre ayant marqué durablement la société française et révélé une violence antisémite d’une rare intensité. Depuis, plusieurs lieux de mémoire et arbres commémoratifs rappellent son histoire et entretiennent le souvenir de ce crime.

L’abattage de l’olivier, planté en 2011, a suscité une condamnation unanime. Le président de la République, Emmanuel Macron, a réagi dès la découverte des faits : « Abattre l’arbre rendant hommage à Ilan Halimi, c’est chercher à le tuer une deuxième fois. (…) La nation n’oubliera pas cet enfant de France mort parce que Juif. »

À l’échelle locale, Mathieu Hanotin, président de l’établissement public territorial Plaine Commune, a dénoncé « un acte de vandalisme portant atteinte à la mémoire collective ». Il a affirmé qu’un nouvel arbre serait replanté « dans les meilleurs délais » afin de préserver le lieu de recueillement.

En 2019, à Sainte-Geneviève-des-Bois, deux arbres commémoratifs dédiés à Ilan Halimi avaient déjà été sciés, l’un portant même sa photographie. Ils avaient été remplacés par de nouveaux arbres, soulignant la volonté des autorités locales de ne pas laisser disparaître ces symboles de mémoire malgré les atteintes répétées.