Un arrêté du 3 décembre 2025, publié au Journal officiel, fixe désormais à 50 € le montant cumulé maximum pour les « offres en ligne » du Pass Culture. Cette catégorie comprend « l’achat d’un accès à de la musique, des œuvres audiovisuelles, des jeux vidéo, des livres audio, des conférences et de la presse dématérialisées ». Jusqu’à présent, le plafond était de 100 €, ce qui représentait le double de la somme désormais allouée. Concrètement, il s’agit de plafonner les sommes dépensées par les jeunes détenteurs du Pass Culture pour accéder à des offres culturelles numériques.
Deux exceptions sont prévues : pour les jeunes étant atteints « d’une ou de plusieurs déficiences des fonctions motrices, physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques reconnues par certificat médical » et pour ceux résidant dans certaines collectivités d’outre-mer, comme Mayotte, Wallis-et-Futuna ou Saint-Pierre-et-Miquelon. Outre la réduction du plafond, le texte vise à clarifier les objectifs et le fonctionnement du Pass Culture. Il précise, par exemple, que « les jeux d’évasion et activités de loisirs ne relevant pas de dispositifs de médiation » ne sont pas éligibles. Le texte indique également qu’« aucune offre ne peut être proposée par des acteurs dont l’activité principale relève d’une organisation politique ou religieuse ».
Une réforme pour encadrer les dépenses et prioriser les pratiques culturelles
Le Pass Culture, lancé progressivement depuis 2019, vise à faciliter l’accès des jeunes à la culture par une application et des crédits utilisables pour des biens et services culturels. Il se compose d’une part individuelle, destinée aux usages personnels des jeunes, et d’une part collective, destinée aux établissements scolaires pour financer des projets d’éducation artistique et culturelle. La part individuelle du Pass Culture est accessible à tous les jeunes selon un critère unique : l’âge. Trois ans après la généralisation du dispositif, à la fin du mois d’août 2024, 84 % des jeunes ayant atteint 18 ans étaient inscrits. Depuis son lancement en 2019, ce sont au total 4,2 millions de jeunes qui ont utilisé l’application Pass Culture, selon le premier rapport de la Cour des comptes sur cette thématique.
Des audits publics ont souligné deux problèmes : d’une part, les jeunes les moins éloignés de la culture, socialement ou géographiquement, restent les principaux bénéficiaires, alors qu’ils ne constituent pas le cœur de cible. D’autre part, les dépenses se concentrent trop sur certaines activités, à l’opposé de l’objectif initial de diversification culturelle voulu par le gouvernement. Les évolutions de 2025 ont redéfini l’âge d’accès aux crédits individuels, en passant de 15 ans à 17 ans, et leurs modalités d’utilisation, tandis que la part collective a vu ses crédits passer de 72 millions d’euros en 2025 à 61,8 millions pour 2026, selon un arrêté du 12 décembre.
La réduction du plafond pour les offres numériques ne rend pas impossible l’accès à la culture, mais restreint la liberté des jeunes dans leurs choix de consommation, alors que les contenus numériques représentent une part importante de leurs pratiques, notamment pour les utilisateurs ruraux (résidant dans des communes de moins de 2 000 habitants) qui ont une pratique culturelle domestique plus forte que les jeunes résidant en zone urbaine.
