Cryptomonnaie : les adresses des dirigeants masquées du registre du commerce et des sociétés

Le gouvernement a officialisé une mesure attendue : les adresses personnelles des dirigeants ne figurent plus dans le Registre du commerce et des sociétés. Ce décret, publié dimanche, fait suite à plusieurs affaires d’enlèvements liées au secteur des cryptomonnaies.

Devanture du greffe du tribunal situé au 1 quai de la Corse, à Paris © TRIBUNAL DES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES DE PARIS / DR
Devanture du greffe du tribunal situé au 1 quai de la Corse, à Paris © TRIBUNAL DES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES DE PARIS / DR

Le décret, publié au Journal officiel ce dimanche, concrétise l’annonce faite par le gouvernement en juin dernier. Il a pour but de protéger la vie privée des dirigeants d’entreprise, en particulier ceux exposés dans le milieu sensible des cryptomonnaies, régulièrement ciblés par des tentatives de rapt. Sur le réseau X, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a souligné que cette avancée permettait de « garantir leur sécurité ».

Une réponse à une série de violences ciblées

La mesure repose sur une proposition de loi portée par la députée Olivia Grégoire (Ensemble). Elle a été adoptée en coordination avec Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, Éric Lombard, ministre de l’Économie, et Véronique Louwagie, ministre déléguée au Commerce. Concrètement, les dirigeants pourront saisir les greffiers des tribunaux de commerce pour demander l’occultation de leur adresse personnelle. Jusqu’ici, seule l’option consistant à saisir l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) permettait de masquer les données présentes dans les pièces annexes du Registre national des entreprises.

Si le gouvernement a accéléré sur ce dossier, c’est en raison de plusieurs affaires qui ont marqué l’année 2025. En janvier, David Balland, cofondateur de Ledger, avait été enlevé avec sa compagne. L’entrepreneur avait ensuite été libéré alors que sa compagne avait été retrouvée ligotée dans un véhicule.