Ségolène Royal a affirmé avoir « obtenu » le transfert du journaliste Christophe Gleizes depuis la prison de Tizi-Ouzou, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger, vers un établissement pénitentiaire plus proche de la capitale algérienne. « Il était très heureux de recevoir ma visite », a-t-elle déclaré, estimant que ce transfert est un soulagement pour le journaliste, incarcéré depuis le mois de juin. L’ancienne ministre a également tenu à remercier les autorités algériennes pour ce qu’elle a qualifié de « geste humanitaire ».
La veille de cette rencontre, Ségolène Royal avait indiqué avoir obtenu une autorisation spéciale pour se rendre auprès de Christophe Gleizes, condamné à une peine de sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » en faisant son travail de journaliste. Christophe Gleizes s’était rendu dans le pays en mai 2024 pour un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK). L’ancienne ministre a précisé que, jusqu’à présent, le journaliste n’avait reçu que la visite de ses parents et du cardinal franco-algérien d’Alger, Jean-Paul Vesco.
À l’issue de son entrevue, Ségolène Royal a décrit Christophe Gleizes comme « aussi serein que possible » compte tenu de sa situation. Selon elle, le journaliste occupe son temps par la lecture, notamment d’ouvrages consacrés à l’Algérie, et par la pratique du sport.
Une demande de grâce portée au plus haut niveau de l’État algérien
Ségolène Royal a indiqué avoir appuyé la demande de grâce formulée par la famille du journaliste lors d’un entretien avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, à son arrivée à Alger. Elle a précisé intervenir en tant que présidente de l’Association France Algérie et à l’invitation de la Chambre de commerce et d’industrie algérienne. Elle a par ailleurs démenti toute mission officieuse pour le compte du président français Emmanuel Macron, affirmant agir de manière indépendante.
Interrogée sur la portée politique de sa démarche, Ségolène Royal a reconnu que sa visite était perçue à Alger comme une initiative de dernière chance. Selon elle, l’autorisation accordée pour rencontrer Christophe Gleizes constitue déjà un signal important, au regard des tensions actuelles entre la France et l’Algérie. Elle a rappelé l’absence d’ambassadeurs entre les deux pays, l’incarcération en France d’un agent consulaire algérien et les réactions suscitées en Algérie par une émission récente de France 2, jugée offensante par les autorités locales.
