Carlos Martens Bilongo, député LFI, porte plainte contre CNews pour diffusion de propos tronqués et falsifiés

Le député La France insoumise (LFI) du Val-d’Oise Carlos Martens Bilongo a déposé plainte, mercredi 7 janvier, contre plusieurs médias et comptes sur le réseau social X. Il leur reproche d’avoir diffusé des propos tronqués ou modifiés à partir d’une interview accordée fin décembre.

Paris, le jeudi 3 novembre 2022. Carlos Martens Bilongo, à l'Assemblée nationale, pose sa première question dans l'hémicycle. Il est interrompu par un élu RN, Grégoire de Fournas, qui tient des propos aux relents racistes. DR
Paris, le jeudi 3 novembre 2022. Carlos Martens Bilongo, à l'Assemblée nationale, pose sa première question dans l'hémicycle. Il est interrompu par un élu RN, Grégoire de Fournas, qui tient des propos aux relents racistes. DR

Carlos Martens Bilongo, élu de la 8ᵉ circonscription du Val-d’Oise, a saisi le tribunal judiciaire de Paris. La plainte cible en particulier la chaîne « d’information » CNews. Le député accuse le média d’avoir diffusé des montages portant atteinte à son image et d’avoir relayé des propos qu’il n’aurait jamais tenus. Les faits dénoncés relèvent, selon la plainte, de la « diffusion de fausses nouvelles » et d’atteintes à la représentation de la personne.

L’affaire trouve son origine dans une longue interview donnée par Carlos Martens Bilongo à la chaîne YouTube La Librairie africaine, à la fin du mois de décembre. Cette vidéo, aujourd’hui indisponible, a servi de base à plusieurs extraits diffusés. CNews (propriété de Vincent Bolloré) est accusée d’avoir attribué au député LFI la phrase suivante : « Ce que nos parents et nos grands-parents ont enduré de la part des Français, on ne va pas le laisser passer. On va leur montrer qu’on est plus nombreux. »

Une interview à l’origine de la controverse

Selon ses avocats, Vincent Brengarth et Chirinne Ardakani, ces propos ont été tronqués et complétés par l’ajout de l’expression « de la part des Français », absente de l’entretien original. La plainte ne vise pas uniquement CNews. Elle mentionne également Le Journal du dimanche (propriété de Vincent Bolloré) , ainsi que plusieurs comptes sur le réseau social X, dont French Carcan et Bastion. Tous sont accusés d’avoir procédé à des transformations des propos du député, contribuant à leur diffusion sous une forme contestée. Le compte French Carcan est notamment pointé pour avoir relayé une citation attribuée à Carlos Martens Bilongo sur le racisme et le niveau de diplôme dans certains territoires.

Les propos prêtés au député ont suscité la colère de Xavier Bertrand, président Les Républicains de la région Hauts-de-France, qui avait réagi publiquement sur X en dénonçant une attaque visant « les gens du Nord ». Les conseils de Carlos Martens Bilongo affirment que la déclaration exacte issue de l’entretien était différente. Selon eux, le député avait déclaré : « Là où tu as une pauvreté intellectuelle, dans des territoires fracturés par les fermetures d’usine, dans le nord de la France, etc., les idées racistes sont en avant. » Une formulation qu’ils estiment avoir été dénaturée lors de sa reprise. Lors de l’interview initiale à La Librairie africaine, Carlos Martens Bilongo avait également tenu des propos à caractère sexiste visant la ministre de la Culture, Rachida Dati. Ces déclarations avaient conduit le député à présenter des excuses publiques dans un second temps.

Parallèlement à la plainte pénale, les avocats du député ont saisi le comité de déontologie des journalistes ainsi que l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. Leur objectif, précisent-ils dans un communiqué, est de rappeler aux professionnels de l’information leurs obligations en matière de vérification et de fidélité des propos diffusés. Ils indiquent vouloir « confronter les professionnels de l’information au devoir de vérification et de non-manipulation de la vérité ».

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