Lorsque Pierre Robert est interpellé à Beauvais en 2025 dans le cadre d’une procédure pour pédopornographie, la justice française lance immédiatement une commission rogatoire destinée à élargir les investigations. Cette demande, transmise aux autorités sénégalaises, conduit la Division des investigations criminelles à reprendre le dossier, soutenue par une délégation venue de France comprenant des juges d’instruction, des greffiers et des officiers de police judiciaire.
Les investigations montrent que quatre suspects sénégalais auraient agi sous les directives de Pierre Robert. Le schéma évoqué par la police repose sur un fonctionnement stable, organisé autour du recrutement de jeunes garçons, filmés puis exploités au sein d’un réseau dont la coordination se ferait depuis l’étranger. Les transferts d’argent, effectués notamment via Western Union, confortent les enquêteurs dans l’idée d’une relation hiérarchique entre les protagonistes, tandis que les perquisitions permettent de saisir du matériel numérique, des documents médicaux et des traitements antirétroviraux confirmant l’état de santé de certains mis en cause.
Arrestations à Dakar et Kaolack
Les quatorze suspects sénégalais ont été arrêtés dans plusieurs quartiers de Dakar et dans la région de Kaolack. Parmi eux figurent des étudiants, des agents publics et des artisans. Les opérations, menées notamment à Almadies, Ouakam et Tivaoune Peulh, débouchent sur la découverte d’objets utilisés lors des faits reprochés ainsi que sur l’interpellation de personnes présentées comme proches du noyau central du réseau.
Le parquet de Dakar poursuit les suspects pour plusieurs infractions, dont proxénétisme, participation à un réseau pédopornographique, agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, transmission volontaire du VIH et actes contre nature, infraction prévue par la loi sénégalaise. « STOP Homophobie exprime son inquiétude face à ces arrestations », a déclaré à l’AFP Terrence Khatchadourian, secrétaire général de cette association basée à Paris, qui aide régulièrement des Sénégalais victimes de discrimination dans leur pays. « Cette affaire rappelle qu’au Sénégal, les relations sexuelles entre adultes consentants restent criminalisées, exposant les personnes LGBTQIA” à des arrestations arbitraires et à la stigmatisation », poursuit M. Khatchadourian. Les autorités précisent également que les procédures ouvertes en France pourraient mener, si nécessaire, à des demandes d’extradition.
Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels acteurs supplémentaires du réseau. Les services de police affirment que d’autres interpellations ne sont pas exclues si de nouveaux éléments apparaissent.