La cour a condamné à dix années de réclusion Brahim Chnina, 54 ans, et à quinze années de réclusion criminelle Abdelhakim Sefrioui, 66 ans. Tous deux ont été jugés coupables d’association de malfaiteurs terroriste, la qualification la plus sévère du dossier. Selon l’arrêt, ils ont joué un rôle déterminant dans la campagne numérique visant Samuel Paty, déclenchée après que le professeur eut montré des caricatures du prophète lors d’un cours sur la liberté d’expression. Cette campagne s’est poursuivie jusqu’à l’assassinat commis par le jihadiste Abdoullakh Anzorov, le 16 octobre 2020.
Des peines réduites pour deux proches du tueur
Deux autres accusés, Naïm Boudaoud (24 ans) et Azim Epsirkhanov (25 ans), ont vu leur peine ramenée à six et sept ans de prison. Ils étaient poursuivis pour association de malfaiteurs, mais sans qualification terroriste retenue en appel. Ils avaient véhiculé Abdoullakh Anzorov et l’avaient aidé à se procurer des armes, tout en affirmant n’avoir jamais perçu la menace jihadiste que représentait le jeune homme.
La cour a considéré qu’il n’existait pas d’éléments suffisamment probants pour démontrer leur connaissance d’un projet d’attentat. Leur soulagement a été perceptible à l’énoncé du verdict, accueilli par des cris dans le public où étaient présents leurs proches.
Pendant cinq semaines, la cour a entendu les témoignages des familles, des collègues et d’acteurs directs du drame. La famille de Samuel Paty, toujours éprouvée, a dû défendre la mémoire de l’enseignant contre des allégations relayées à l’époque des faits.
Abdelhakim Sefrioui, dont la condamnation à 15 ans de réclusion criminelle a été confirmée lundi pour son rôle dans l’assassinat de Samuel Paty, va se pourvoir en cassation, ont annoncé ses avocats après le verdict de la cour d’assises spéciale de Paris. Les autres accusés disposent de dix jours pour se pourvoir en cassation.
Isabelle Lampart
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Mise à jour le 2 mars à 22h55 avec l’annonce du pourvoi en cassation de Abdelhakim Sefrioui.
