L’alerte ne peut être déclenchée qu’à la condition que quatre critères stricts soient réunis : enlèvement avéré, victime mineure, danger immédiat et présence d’éléments d’identification précis. Le procureur de la République, après avis du procureur général et de la direction des affaires criminelles, reste le seul décideur de l’activation ou non de l’alerte , afin qu’elle reste efficace et exceptionnelle.
Dès le déclenchement, les forces de sécurité transmettent le message aux partenaires (médias, transporteurs, sociétés d’autoroutes, plateformes numériques) qui ont l’obligation de le diffuser en continu pendant trois heures.
Si l’alerte fonctionne, c’est d’abord grâce à l’implication du public. Dans la majorité des 37 alertes déclenchées depuis 2006, le signalement décisif est venu d’un passant, d’un automobiliste ou d’un usager des transports, précise un communiqué du Ministère de la Justice. La pression médiatique joue également un rôle.
Un dispositif façonné par vingt ans de pratique
Les enlèvements sont désormais majoritairement commis dans un cadre familial. Entre 2019 et 2025, 80 % des alertes concernaient ce type de situations, contre seulement 25 % durant les premières années du dispositif. Une tendance qui oblige les services judiciaires à adapter leurs stratégies, notamment en matière de repérage des contextes parentaux conflictuels. Au total, 56 % des ravisseurs identifiés étaient des parents, 21 % des proches et 23 % des inconnus.
Vingt ans après sa création, le dispositif alerte enlèvement continue de démontrer son efficacité, de part la rapidité d’analyse des signalements de la justice , la puissance de diffusion avec le medias, et surtout, la mobilisation citoyenne sans équivalent.
