Le tribunal judiciaire de Paris a rendu, ce vendredi 20 mars, sa décision dans l’affaire opposant Anne Boistard, créatrice du compte Balance Ton Agency, à la société de maroquinerie Paul Marius et à son dirigeant Florent Poirier. La lanceuse d’alerte était poursuivie pour avoir relayé, à l’été 2022, des témoignages de salariés dénonçant un « management toxique » au sein de l’entreprise. Au total, plus d’une vingtaine de propos avaient été visés dans les plaintes déposées en novembre 2022. En février 2025, elle a été relaxé dans le dossier de Braaxe.
La justice a estimé que ces publications avaient porté atteinte à l’image de l’enseigne et de ses dirigeants. Toutefois, seuls deux propos ont finalement été jugés constitutifs d’infraction. Anne Boistard s’est dite « quand même rassurée » à l’issue du jugement. Son avocate, Me Sandrine Dos Santos, évoque une « décision très positive », soulignant le caractère limité de la condamnation au regard du nombre de propos poursuivis.
Deux publications jugées diffamatoires et injurieuses
Les condamnations portent sur deux commentaires repartagés sur le compte Instagram Balance Ton Agency. L’un qualifiait l’entreprise de « boîte de merde », un terme jugé injurieux par le tribunal. Le second évoquait des faits de violence attribués au dirigeant. Faute d’éléments permettant d’en établir la véracité, notamment l’absence de témoignages, l’exception de bonne foi n’a pas été retenue.
Anne Boistard a été condamnée à une amende de 500 euros, ainsi qu’au versement de dommages et intérêts : 500 euros à la société Paul Marius et 1 000 euros à Florent Poirier. Le tribunal a également ordonné le retrait des deux publications litigieuses. La lanceuse d’alerte a indiqué son intention de faire appel.
De son côté, Marie Poirier-Fauvin, également partie plaignante, a été déboutée. Florent Poirier et son conseil n’ont pas réagi à ce stade.
