Depuis une salle faiblement éclairée de sa prison texane, Ghislaine Maxwell a répondu à plus de dix reprises qu’elle « invoquait son droit au silence en vertu du Cinquième amendement », un droit qui lui permet de ne pas s’auto-incriminer. Reliée par visioconférence, vêtue d’un haut clair, elle s’est exprimée brièvement, chaque fois pour opposer ce même refus. Ses avocats avaient prévenu que cette posture serait maintenue, puisqu’elle poursuit encore un recours contre sa condamnation à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle. Le Président républicain de la commission, James Comer, juge « très décevante » son attitude, estimant que le dossier Epstein exigeait davantage de transparence.
L’avocat David Markus a affirmé que sa cliente serait disposée à fournir un témoignage complet si elle obtenait une grâce présidentielle. elle serait notamment prête à expliquer que Donald Trump et Bill Clinton seraient « innocents de tout méfait » dans cette affaire. Mais cette proposition n’a pas convaincu la démocrate Melanie Stansbury, qui considère que Ghislaine Maxwell tente d’envoyer le message que « son silence peut être acheté » et qu’elle s’adresse ainsi directement à Donald Trump, lequel avait esquivé toute réponse, l’an dernier, lorsqu’on l’interrogeait sur une éventuelle grâce.
Des millions de documents caviardés publiés fin janvier
Le 30 janvier dernier, des millions de pages issues du dossier Epstein ont été révélés. Cette publication imposée par une loi adoptée en novembre. Selon le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, aucun élément susceptible d’entraîner de nouvelles poursuites ne figure parmi ces documents. Il a estimé que l’administration Trump, dont il fut l’un des avocats personnels, s’était acquittée de son obligation de transparence.
Dans le prolongement de cette enquête parlementaire, la commission a convoqué Bill Clinton et Hillary Clinton pour la fin du mois. Le couple a exigé que ces auditions soient publiques, souhaitant éviter toute déformation de leurs propos.
Deux parlementaires, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna, se sont rendus au ministère de la Justice pour consulter les versions non caviardées de certains documents. Ils affirment avoir découvert que six noms masculins potentiellement impliqués avaient été masqués sans explication alors que la loi n’autorise ce procédé que pour préserver l’intimité des victimes, et non celle de personnalités politiques. Thomas Massie a également publié un échange de courriels citant une « vidéo de torture » entre Epstein et un correspondant dont le nom reste occulté. Le député demande désormais au ministère de rendre cette identité publique.