Le 23 novembre 2013, Louis Greth, âgé de 14 ans, est retrouvé pendu dans la ferme de ses grands-parents à Pontpoint, dans l’Oise. Rapidement, la thèse du suicide est évoquée dans l’enquête. Mais cette version n’a jamais convaincu les proches du jeune garçon. Sa mère, Sylvie Kellens, affirme depuis plusieurs années ne pas croire à un geste volontaire de son fils. « Louis était tout le contraire de quelqu’un qui se donne la mort », explique-t-elle récemment à France 3 Hauts-de-France. Elle décrit un adolescent « toujours gai », aimant faire rire son entourage et généralement de bonne humeur. Des propos qu’elle tenait déjà il y a quelques années dans l’émission « ça commence aujourd’hui » diffusée sur France 2 et animée par Faustine Bollaert.
Depuis la découverte du corps, la famille mène un combat judiciaire pour obtenir de nouveaux actes d’enquête et faire progresser le dossier. Initialement ouverte pour recherche des causes de la mort, l’enquête avait été classée sans suite en 2018 faute d’éléments probants. En 2021, une nouvelle étape intervient : la procédure est rouverte pour homicide volontaire. Dans ce contexte, la mère de Louis Greth décide de se constituer partie civile afin de relancer les investigations. Malgré cette réouverture, l’affaire n’a pas connu d’avancée décisive. Le dossier est toujours instruit sous l’autorité du parquet de Senlis.
La demande de transfert vers le pôle «Cold Case» de Nanterre
Face à l’absence de résolution, la famille réclame depuis plusieurs années le transfert du dossier vers le pôle national des affaires non élucidées, communément appelé pôle «Cold Case», installé à Nanterre (Hauts-de-Seine). Cette demande a été refusée à deux reprises par le parquet de Senlis, en 2023 puis au début de l’année 2026. Selon le procureur de la République, Loïc Abrial, les investigations se poursuivent mais le dossier ne remplirait pas les critères habituels de saisine de ce pôle spécialisé.
Le maire de Pontpoint, Bruno Dauguet, a toutefois décidé de soutenir la démarche de la famille. Dans un courrier adressé au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, il demande que le transfert du dossier soit validé.
Des éléments d’enquête jugés insuffisamment exploités
Dans sa lettre, l’élu estime que certaines pièces importantes du dossier n’ont pas été pleinement exploitées depuis plusieurs années. Parmi ces éléments figure notamment la présence d’un véhicule suspect signalé près des lieux au moment des faits. Mais l’un des points les plus sensibles concerne l’ADN retrouvé sur la cordelette utilisée lors du décès de l’adolescent.
Selon les informations évoquées dans le dossier, cet ADN correspondrait à celui relevé lors d’un vol de voiture à la roulotte commis à quelques kilomètres de Pontpoint. Pour Bruno Dauguet, ces éléments mériteraient d’être réexaminés de manière approfondie. Dans son courrier, il affirme être « fortement convaincu que l’étude de ces éléments pourrait mener à la résolution de cette enquête ». L’élu évoque également la possibilité qu’« un meurtrier soit dans la nature » tant que les investigations n’auront pas permis d’éclaircir les circonstances de la mort de Louis Greth.
Douze ans après les faits, Sylvie Kellens poursuit son combat judiciaire. Elle affirme vouloir avant tout connaître la vérité sur la mort de son fils. « Je ne demande pas grand-chose, sauf la vérité et la justice pour mon fils », explique-t-elle auprès de France 3. Dans l’attente d’une éventuelle décision concernant le transfert du dossier vers le pôle cold case de Nanterre, l’enquête se poursuit sous la responsabilité du parquet de Senlis.

