Devant le siège d’Alinéa, à Aubagne (Bouches-du-Rhône), l’inquiétude s’est traduite par un débrayage de deux heures à l’appel de l’intersyndicale. Sur les quelques 250 salariés que compte le site, employés du magasin et du siège, plusieurs dizaines ont participé au rassemblement. Le mouvement a été relayé dans d’autres magasins à travers le pays.
Depuis le placement en redressement judiciaire prononcé le 20 novembre par le tribunal des affaires économiques de Marseille, l’attente d’un repreneur structurait les espoirs des équipes. Jeudi, la direction a informé les salariés du retrait de l’offre portée par SDC Holding. L’annonce a marqué un tournant. L’enseigne emploie encore près de 1 200 salariés répartis dans 35 magasins. D’après les estimations avancées par la représentante syndicale, seules 240 positions pourraient être préservées dans le cadre des offres restantes. L’écart est considérable.
Pour les salariés, la perspective d’une suppression massive d’emplois s’impose désormais comme une hypothèse concrète. « On nous a annoncé jeudi que le repreneur retirait son offre. On a tous été envahis de tristesse », témoigne une employée de 58 ans, qui a 26 ans d’ancienneté. Elle indique vouloir se mobiliser afin d’obtenir « un PSE correct et digne » pour les salariés concernés.
Une entreprise de la galaxie Mulliez fragilisée
Fondée en 1988 à Avignon, Alinéa appartient à la galaxie Mulliez, qui regroupe notamment Auchan, Decathlon et Leroy Merlin. Le collectif des salariés évoque dans un communiqué « un séisme social sans précédent » et dénonce une gestion jugée défaillante. Les représentants du personnel appellent les pouvoirs publics et les élus locaux à intervenir.
La situation financière explique en partie l’ampleur de la crise. Pour l’exercice 2024, l’entreprise a enregistré 47 millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros. Ces résultats ont conduit à l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, avec pour objectif de rechercher un repreneur. Le 5 mars, le tribunal des affaires économiques de Marseille doit examiner les offres définitives de reprise. La décision, attendue dans un délai d’environ deux semaines, déterminera l’avenir de l’enseigne. Alinéa avait déjà connu une procédure similaire en 2020, en pleine pandémie de Covid-19.
