Les faits se sont déroulés dimanche, jour du scrutin du premier tour des municipales, devant un bureau de vote à Arcachon, en Gironde. Une vidéo, publiée mardi soir par le média en ligne Vakita, montre le maire Les Républicains sortant, Yves Foulon, invectiver violemment son opposant écologiste, Vital Baude.
La scène a été captée à l’insu de l’élu, par Stéphane Scotto, un réalisateur indépendant qui suivait la campagne du candidat écologiste depuis plusieurs semaines pour un documentaire. Équipé en permanance d’un micro-cravate, l’échange a pu être enregistré. « le maire ne m’avait pas vu, c’était insolite de capter une telle scène» témoigne le réalisateur indépendant. Dans la séquence, Yves Foulon multiplie les insultes et les menaces. Dimanche, Yves Foulon a été réélu avec 66,51 % des suffrages, devant Vital Baude (20,45 %) et Laurent Lamara, candidat du candidat d’extrême droite Rassemblement national (13,04 %).
Une plainte déposée et une enquête ouverte
À la suite de cet épisode, Vital Baude, candidat divers gauche et conseiller municipal écologiste sortant, a porté plainte. Le parquet de Bordeaux a confirmé, auprès de Vakita, l’ouverture d’une enquête pour menace, injure non publique et violences. Contacté, le maire n’était pas joignable mardi soir, pas plus que les services de communication de la municipalité.
Vital Baude a dénoncé des propos d’une violence inédite. « C’est souvent tendu en conseil municipal, mais nos échanges n’avaient jamais atteint ce degré-là », a-t-il déclaré à la presse ce mardi soir. Il s’est particulièrement alarmé des menaces visant sa famille. « C’est vertigineux et choquant de dire qu’il s’en prendrait à moi et ma famille. C’est ce qui m’a motivé à porter plainte », a-t-il expliqué.
La diffusion de la vidéo a suscité des réactions au sein de la classe politique. La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a dénoncé des propos « ignominieux », estimant que le maire « devrait déjà démissionner ». De son côté, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a appelé à une réaction au sein des Républicains, évoquant un « comportement de voyou ».
